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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 15:01

Salons-auto 1394

  L'un des grands gagnants de 2012 : + 9,2%.

 

Pour l’année 2012, les chiffres des ventes de véhicules neufs (ou VN) se sont affichés à la baisse mois après mois. Le marché français des véhicules particuliers neufs (ou VPN) a baissé de 13,9% par rapport à 2011, avec 1.898.872 véhicules neufs vendus. Il faut remonter à 1997 ou encore avant en 1993 avec respectivement 1.713.000 et 1.721.000 véhicules vendus pour retrouver ce faible niveau dans les ventes. Sur le marché des VPN, les groupes français représentent 52,6% du marché et 47,4% pour les groupes étrangers1. En 2012, les ventes de VP des groupes français baissent de 19,4% contre -6,7% pour les étrangers. Renault étant la marque qui subit la plus forte baisse (-24,7%), Peugeot et Citroën étant environ à -17,4% et Dacia à -9,2%. A côté de ces résultats en berne pour les français – mais aussi pour d’autres constructeurs –, certains autres constructeurs tirent leur épingle du jeu et affichent parfois des hausses insolentes.

 

 

Dans cet article, nous proposons de tirer un bilan sur les chiffres des ventes enregistrées par les différents constructeurs en 2012 en essayant de faire apparaître quelques éléments pouvant expliquer ces résultats.

 

 

 

2 constats sur le marché 2012 :

  • La répartition des ventes par marques de véhicules :(cf. CCFA, déc. 2012, p.3).

Celles qui montent (le plus):

  • Daihatsu : +62,2% ; 352 véhicules vendus (à partir de 9.690 euros2)

  • Hyundai : +42,2% ; 28.733 véhicules vendus (à partir de 9.690 euros)

  • Lancia : 31,2% ; 5.248 véhicules vendus (à partir de 12.900 euros)

  • Kia : +18,1% ; 33.019 véhicules vendus (à partir de 9.190 euros)

  • Rolls Royce : +10% ; 22 véhicules vendus (à partir de 257.319 euros)

  • Mercedes : +9,2% ; 47.569 véhicules vendus (à partir de 24.900 euros)

  • Skoda : +6% ; 22.465 véhicules vendus (à partir de 9.140 euros)

  • Audi : +4,7% ; 61.756 véhicules vendus (à partir de 16.970 euros)

  • Chevrolet : +4,4% ; 24.447 véhicules vendus (à partir de 9.190 euros)

  • BMW : +3,8% ; 48.057 véhicules vendus (à partir de 22.850 euros)

  • Toyota : +1% ; 68.009 véhicules vendus (à partir de 9.400 euros)

 

 

A noter une curiosité autour de la catégorie « autres groupes » en France qui enregistre une hausse de 161,7% avec 1.968 véhicules neufs vendus qui pourraient correspondre majoritairement aux véhicules électriques vendus par Bolloré (?).

 

 

Parmi celles qui montent :

- D'une part, on trouve les trois grandes marques qui se positionnent sur le segment 'premium' et qui se distinguent par des ventes en hausse légère ou modérée. Certes pas toutes dans la même proportion, et il manque aussi les données pour les marques de sport qui ne représentent pas toutefois des volumes importants mais qui donnent un aperçu de la santé de cette niche. Ainsi selon La Tribune, le constructeur Porsche a connu une hausse de ses ventes de 14,5% sur les onze premiers mois de l'année 2012 (2.800 véhicules), Jeep est aussi en hausse de 17% avec 3.100 véhicules sur onze mois, et Land Rover enregistre une hausse de 64% avec 7.500 véhicules3. Sans oublier, Rolls Royce ! Le haut de gamme se porte plutôt bien.

 

 

Concernant les marques premium par excellence les plus courantes sur le marché français, il s’agit de Mercedes, BMW, Audi, et Lexus qui est une marque peu présente en Europe et qui baisse en France4. Parmi les marques qui montent, Audi, BMW, Mercedes sont celles qui ont vendus le plus de véhicules (entre 48.057 et 61.756 véhicules). On peut envisager leur succès en termes de fiabilité mais aussi compte tenu d’une image de marque portée par ces marques prestigieuses qui séduisent les clients désireux de se distinguer par des biens haut de gamme. En somme, ce sont des valeurs sûres.

 

 

- D'autre part, il y a les marques généralistes notamment asiatiques qui ont connu une belle progression en 2012 et commencent à atteindre des volumes conséquents (33.019 et 28.733 véhicules), en mesure de rivaliser avec les allemandes, tandis que la forte hausse de Daihastu ne s’opère que sur des très petits volumes (352 véhicules !). On aurait pu comprendre le coup de gueule du Ministre du Redressement productif au Mondial de l'Auto 20125 qui a boudé les stands des constructeurs coréens. Cependant, « en 2012, Kia et Hyundai réunis ne représentent que 2,58 % du marché » (Ibid). Toyota ne s’en sort pas trop mal en confortant ses résultats avec une hausse de 1% dans des volumes de ventes qui se sont élevés ces dernières années et qui produit la Yaris en France.

 

 

Nous voyons dès lors que l’argument des voitures étrangères qui siphonnent la clientèle des constructeurs français ne tient pas la route. Il faudra donc chercher ailleurs la cause de la baisse enregistrée par les constructeurs français et par les quelques autres. Pour l’heure, nous pouvons avancer comme explication à la percée des constructeurs généralistes asiatiques un positionnement agressif sur les prix, des prestations ayant un bon rapport qualité/prix, des conditions de garantie avantageuses …

 

 

Celles qui baissent (le plus):


  • Alfa Roméo : -36,4% ; 10.327 véhicules vendus (à partir de 14. 300 euros)

  • Seat : -27,3% ; 24.181 véhicules vendus (à partir de 9.150 euros)

  • Renault : -24,7% ; 343.355 véhicules vendus (à partir de 7.990 euros)

  • Fiat : -24% ; 43.555 véhicules vendus (à partir de 11.900 euros)

  • Opel : -23,8% ; 71.667 véhicules vendus (à partir 10.990 euros)

  • Smart : -20,1% ; 5.441 véhicules vendus (à partir de 9.990 euros)

  • Ford : -19,8% ; 92.477 véhicules vendus (à partir de 9.150 euros)

  • Citroën: -17,5% ; 266.442 véhicules vendus (à partir de 9.450 euros)

  • Peugeot : -17,4% ; 305.464 véhicules vendus (à partir de 9.800 euros)

  • Lexus : -14,5% ; 2.456 véhicules vendus (à partir de 28.000 euros)

  • Dacia : -9,2% ; 80.792 véhicules vendus (à partir de 7.900 euros)

  • Volkswagen : -5,6% ; 154.446 véhicules vendus (à partir de 9.750 euros)

 

Parmi les marques qui baissent, on trouve donc les trois marques françaises. Le groupe PSA avec Peugeot et Citroën limite la baisse peut être en raison du fait qu’il a investi dans une gamme premium avec par exemple la gamme DS de Citroën et la gamme Peugeot qui s’est rapprochée des standards ‘premium’ pour les modèles de sa gamme. Dans l’ensemble des véhicules en baisse, on remarquera qu’il s’agit de voiture vendues par les marques dites « populaires » (en plus des constructeurs français, on trouve Fiat, Opel, Seat). Renault a sorti à l’automne la nouvelle version de son best-seller, la Clio IV. Le constructeur place trois de ses véhicules dans le top10 des ventes (Clio, Mégane, Twingo) sans pour autant parvenir à limiter sa baisse. Pour les constructeurs français, la baisse est d’autant plus douloureuse qu’elle s’opère sur des volumes importants.

 

 

En effet, lorsque l’on regarde les volumes des ventes, on s’aperçoit que le groupe PSA est passé de 692.837 véhicules vendus en 2011 à 571.906 en 2012, soit une baisse des ventes de 120.931 véhicules ! Quant à Renault, de 544.685 véhicules en 2011 à 424.147 véhicules en 2012, soit une baisse de 120.538 véhicules. En tout, ce sont près de 241.000 véhicules qui n’ont pas été vendus par Renault et PSA. Or, l’ampleur de la diminution de leurs ventes fait que les autres constructeurs ne sont même pas en mesure de récupérer les volumes de la clientèle des constructeurs français qui cette année semble avoir déserté ! Et ce ne sont pas les 5.000 Kia vendues et les 8.500 Hyundai supplémentaires qui ont fait baisser les constructeurs français dans les proportions que nous venons de préciser. En fait, cette baisse ne profite que partiellement aux autres constructeurs (asiatiques et allemands). Le marché automobile ne fonctionne pas sur le principe des vases communicants.

 

 

Face à cette chute des ventes des véhicules français, la position de Renault et de PSA apparaît plus claire à l’égard de ses chaînes de production implantées en France qui se retrouvent en surproduction face à une demande en baisse (PSA Aulnay qui fabrique la C3 et la DS3). Les licenciements sont la conséquence de cette baisse de ventes. Pourtant Renault est le constructeur français qui a déjà nombre de ses modèles fabriqués hors de France. C’est donc une baisse structurelle qui affecte le marché automobile touchant particulièrement la clientèle des marques populaires dont les françaises. En cela, elle est plus inquiétante qu’une baisse affectant un ou deux constructeurs. Il nous faudra donc nous appuyer sur des éléments sociaux et économiques pour cerner les causes de cette crise des ventes.

 

 

  • La répartition par gamme de véhicules neufs :

Nous venons de voir que les constructeurs premium se distinguaient ainsi que les asiatiques. Voyons à présent si cela retentit au niveau des gammes de véhicules vendus. Les ventes de véhicules de gamme économique et inférieure sont passées de 57% en 2010 à 49% en 2012. La moyenne inférieure est passée de 28% à 31%. La moyenne supérieure de 10% à 14%. La gamme supérieure et luxe de 5% à 6%6.

 

 

Ce que montre la répartition des ventes par gamme pour l’année 2012, c’est une montée en gamme des véhicules achetés entre 2010 et 2012. La gamme économique et inférieure baisse alors que le moyen et haut de gamme progresse. Cela contraste avec l’essor de la gamme économique et inférieure durant la période de la prime à la casse de 2008 à 2010. Comme si l’effet incitatif l’avait été pour les ménages à la recherche d’une seconde voiture ou d’une voiture principale économique à l’achat et à l’usage.

 

 

A présent, on observe que les acheteurs de 2012 portent leur choix sur des véhicules de gamme moyenne supérieure ou supérieure ou luxe avec des voitures familiales ou grandes routières ainsi que 4x47. Ceci est cohérent avec notre première constatation sur les marques les plus vendues, on découvre que Audi, BMW, Mercedes sont majoritairement positionnés sur les gammes « moyennes supérieures » et « supérieures et luxe ». Ceci est flagrant au sein du groupe Daimler, avec Mercedes (gamme moyenne supérieure et supérieure, luxe) qui monte (+9,2%) alors que Smart (gamme économique inférieure) baisse (-20,1%). Cette tendance nous est confirmée dans l’article de La Tribune intitulé « Les voitures de luxe se vendent très, très bien en France malgré la crise » qui nous apprend que « 150.000 véhicules des marques haut de gamme ont été immatriculés sur onze mois dans l'Hexagone, contre 145.000 environ l'année dernière sur la même période. C'est quasiment 10% du marché total »8.

 

 

Enfin, ces résultats tendent à montrer que le dispositif gouvernemental de bonus/malus ne semble pas inciter les acheteurs à se tourner vers de petits modèles peu émetteurs de C02, le montant du malus pour les véhicules les plus gros ne les décourageant pas. Autant d’éléments qui pourraient accréditer la thèse que ceux qui achètent une voiture ne comptent pas à la dépense. Ce qui nous amènera dans un prochain article à nous pencher sur la question des consommateurs. Nous verrons alors que la crise qui touche le marché des véhicules neufs s’ancre dans des déterminants sociaux et économiques profonds qui ne laissent guère présager d’embellie du marché à courte échéance.

 

 

 

Références:

1 CCFA, Le marché automobile français, janvier-décembre 2012, 2/01/2013, p.12.

2 Les tarifs des voitures neuves sont issus de Auto Plus, n°1270, 7/01/2013.

6 CCFA, Le marché automobile français, p.19, CP du 2 janvier 2013.

7 CCFA, Analyse statistique 2011, 2012, p.14.

8 « Les voitures de luxe se vendent très, très bien en France malgré la crise », La Tribune, 28/11/2012.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/20121127trib000733645/les-voitures-de-luxe-se-vendent-tres-tres-bien-en-france-malgre-la-crise.html

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Published by Emmanuel Pagès
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commentaires

Soufiane 27/01/2017 15:30

Bel Article !

auto école Bruxelles 05/08/2014 16:34

En effet, il y a toujours des marques bien fiables par rapport aux autres

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